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entrevue
Une statUre
d’athlète
Homme au physique
impressionant – il mesure 6
pieds 3 pouces - Peter Miller
entretient ses muscles en
se rendant régulièrement
au gym et en jouant au
hockey avec ses amis. Quand
il en a la chance, il aime
aussi se jeter à l’eau pour
faire plusieurs longueurs
de piscine. « Mon oncle,
Gilles Potvin, qui comme
entraîneur compte le plus
grand nombre de victoires à
la Traversée internationale
du lac Saint-Jean, m’a
enseigné la natation à la Baie
James pendant notre séjour
là-bas. Mon frère Bobby a
également profité de ses
conseils, car il fut jadis espoir
olympique en natation quand
il nageait pour le club Samak
de Brossard.
Ancien footballeur professionnel devenu
acteur, il n’a jamais oublié ce que son père lui
a confié lorsqu’il n’avait que 11 ans. « Alors
que nous regardions le film Butch Cassidy
And The Sundance Kid, avec Paul Newman et
Robert Redford, il m’a dit qu’à cause de la
variété de rôles qu’il pouvait jouer durant sa
carrière, l’acteur avait sans aucun doute le
plus beau métier au monde. Mon père a toujours
eu horreur de la routine. Il a un besoin
constant de changement de paysage. Ça le
stimule. » Le fils a de qui retenir !
Pas facile l’intégration!
Né à Chibougamau, Peter a vécu ses cinq
premières années de vie dans les Bahamas
où son père, William « Bill » Miller, a travaillé
à reconstruire les lignes de télécommunications
sur l’île Grand Bahama. Puis la famille a
déménagé plusieurs fois, d’abord en Ontario,
puis à la Baie James et dans la Vieille Capitale.
« Me retrouver dans la ville de Québec à la fin
des années 70 n’a pas été évident pour moi, »
déclare-t-il. « Mes parents m’ont inscrit à
l’école française. J’étais grand, très maigre…
et surtout anglophone. M’adapter à la culture
québécoise n’a pas été facile. »
Étudiant au secondaire à Brossard après un
nouveau déménagement, il se lie d’amitié
avec un camarade qui joue au football dans
l’équipe bantam des Packers de Greenfield
Park. « Un jour, mon ami m’a invité à l’accompagner
à un entraînement. Mon expérience
dans le sport se limitait surtout à la natation et
j’avais zéro connaissance en football. » Rendu
au parc, Peter a enfilé d’impressionnantes
épaulières et un casque. L’entraînement a été
exténuant et dur, mais il en a tiré beaucoup de
plaisir, avec toutefois un gros bémol : il n’a pas
compris la raison d’être de ce qu’on appellait
la chicken drill. « Ça ressemblait à un duel de
béliers : deux joueurs appelés par l’entraîneur
devaient se foncer dessus casque contre casque.
On se rentrait dedans à pleine vapeur ! Je
me demandais alors ce qu’un jeune pouvait
bien tirer d’un tel exercice ? »
Boire, manger et dormir football
Milieu des années 80, Peter est grand et solide,
mais il a un petit problème au football, une
vision périphérique limitée. Ses parents
l’envoient alors en stage de perfectionnement
aux États-Unis d’où il revient complètement
transformé après avoir côtoyé un
des entraîneurs invités au camp, Lawrence
Taylor, une légende de la LNF. Sa lecture
du jeu nettement meilleure et ses succès
répétés sur le terrain lui valent une bourse
d’études. Il jouera pendant deux ans avec
les Tigers de l’University of the Pacific, à
l’est de San Francisco. « J’ai alors choisi le
programme d’études en commerce et affaires
internationales parce que j’avais envie
de voyager et de voir du pays. Bien que l’art
dramatique ne m’ait jamais quitté l’esprit, je
croyais que devenir acteur était illogique car
je n’avais aucune envie de crever de faim. »
Il s’est quand même inscrit en théâtre et a
joué dans une pièce amateur, mais en secret.
Selon lui, ses coéquipiers auraient mal
réagi de le voir faire autre chose que boire,
manger et dormir football. « L’accueil a été
fort différent chez les pros, reprend Peter.
Quand ils ont su que j’étudiais sérieusement
l’art dramatique, mes coéquipiers ont
trouvé ça bien cool et m’ont collé le surnom
de « Hollywood ». Ils ont même suspendu
une grosse étoile au-dessus de mon casier
dans la chambre des joueurs. » (Rires)
Chez les pros
Son séjour en Californie terminé, Miller s’en
va étudier quelque temps en Europe. À son
retour en 1992, il découvre un volumineux
courrier en provenance de la Saskatchewan :
des dépliants qui vantent la beauté de la ville
de Regina, une lettre de bienvenue au sein
de l’équipe des Roughriders de l’endroit
et une invitation au camp d’entraînement.
Peter avait été le choix de 7 e ronde de cette
équipe, le 52 e sélectionné au repêchage
cette année-là. Il l’ignorait. « J’ai d’abord
fait partie de l’équipe d’entraînement, avant
de me joindre aux unités spéciales à ma
deuxième saison professionnelle. »
Un large sourire aux lèvres, l’acteur raconte
sa première présence sur un terrain, dans
un match contre les Tiger Cats de Hamilton.
Stew Hill, un joueur de la défensive des Riders
veut reprendre son souffle et Peter est
désigné pour le remplacer. Tout se passe à
la vitesse de l’éclair. Dès la mise en jeu, c’est
la cacophonie : casques qui s’entrechoquent
et grognement des joueurs de ligne
qui se ruent les uns sur les autres. Personne
ne touche à Peter qui voit s’ouvrir devant lui
un corridor avec au bout Don McPherson, le