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Les affaires – et le plaisir – amèneront
bientôt Érik Boyko en Chine, à Taïwan, à
Amsterdam, à Cannes et au Mexique. Sa
passion ? Le sport en général et l’assaut des
plus hautes montagnes du globe en particulier.
Globe-trotter audacieux, il en a déjà
gravi six, dont le Kilimandjaro en Tanzanie,
le mont Blanc en France et I’Aconcagua en
Argentine. Chaque fois, le dynamique entrepreneur
et philanthrope montréalais a joint
l’utile à l’agréable, profitant de chaque expédition
pour recueillir des fonds au profit de la
recherche sur la maladie d’Alzheimer. À ce
jour, plus de 600 000 $ ont été amassés par lui
et ses compagnons d’escalade.
Cheveux blonds, yeux bleus, sourire engageant,
l’homme de 38 ans a du charme. Sa
réussite professionnelle, son style de vie,
son look et surtout son statut de célibataire
lui ont d’ailleurs valu d’être pressenti pour
camper le rôle-titre de la populaire télésérie
américaine The Bachelor. « J’ai décliné, dit-il.
Je me suis bâti une crédibilité en affaires. Je
ne voudrais pas la compromettre avec une
image qui ne me ressemble pas du tout, celle
d’un gars qui remet des roses à de belles
filles. Je n’ai rien contre ce genre d’émission,
mais jouer un tel rôle serait aux antipodes de
l’homme que je suis vraiment. »
La bosse des affaires
Éric Boyko n’a pas hérité de sa fortune, il l’a
gagnée. La recette de son succès n’a rien de
sorcier. Elle se résume en quatre mots : innovation,
audace, sueur et ténacité. Diplômé en
commerce de l’Université McGill et récemment
devenu CGA, l’homme d’affaires n’est
pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche.
Fils d’un comptable anglophone d’origine
ukrainienne, et d’une mère francophone,
il a toujours été très à l’aise avec les chiffres.
Il semblait même destiné à prendre un jour
les rênes de la firme comptable de son père.
Côté études, il a suivi le même parcours que
sa sœur et son frère : collège Notre-Dame,
puis études collégiales à Jean-de-Brébeuf.
Ses camarades de Notre-Dame vous le diront,
rien n’a laissé deviner qu’il deviendrait
un jour le crack en affaires que le Globe and
Mail a cité avantageusement dans son récent
classement Top 40 Below 40 (40 meilleurs entrepreneurs
de moins de 40 ans).
Les premiers signes de son flair pour les
« bonnes occasions » se sont manifestés au
collège Brébeuf. Éric a commencé à vendre
avec son frère des t-shirts à la mode et aux
designs attrayants pour les jeunes. Organisateur
talentueux, il s’est rapidement tissé
un réseau de plusieurs vendeurs au Québec,
Ensuite, il s’est rendu à New York pour importer
différents produits, des lots de montres,
de bijoux et de jouets qu’ils revendaient
aussi avec un bon profit. Les affaires allaient
bien, très bien même. À la fin de ses études
collégiales, il a réussi à épargner un beau
petit magot.
Un coup dur
Inscrit à un cours d’entrepreneurship à
Mc Gill, Éric a aussi monté avec son ami Éric
Aubertin un projet qui a mené à l’ouverture
de Campus Gourmet, un restaurant qui devait
offrir de la nourriture saine et équilibrée
aux étudiants en résidence sur le campus.
Ç’a été une catastrophe. Les deux associés
ont perdu dans l’aventure 40 000 $ chacun,
la totalité de leur investissement initial. Le
coup a été dur à encaisser, mais Éric ne s’est
pas laissé abattre. Au contraire. « Je pense
que chaque expérience a du positif dans la
vie, enchaîne-t-il. La disparition d’une partie
de mes économies m’a enrichi : mon implication
dans le restaurant universitaire m’a
appris ce qu’étaient les coûts fixes, l’impor-
tance de dresser un plan d’affaires et de le
respecter. Cet échec a été pour moi une belle
leçon de réussite. »
Le hasard a cependant voulu qu’au moment
où lui et son associé ont royalement échoué
avec Campus Gourmet, Éric Boyko soit responsable
de la campagne de financement
des Jeux du Commerce à McGill. Il a alors
eu le génie d’inventer une carte à gratter qui
donnait aux souscripteurs la chance de gagner
différents montants d’argent. Le succès
fut tel que d’autres universités ont fait
appel à lui pour leurs propres campagnes.
Changement de cap
Son diplôme de comptabilité en poche,
Éric a quitté l’université et, avec son camarade
Éric Aubertin, il a fondé la compagnie
Universal Fund Raising en 1991, une firme
spécialisée dans les opérations de souscription
de fonds. « Ç’a été difficile, se rappelle-t-il.
Notre bureau a roulé sur la marge
de crédit pendant sept ans. Éric et moi
travaillions comme des forcenés. J’étais
toujours sur la route. Nous avions une cinquantaine
d’employés et je gagnais seulement
un salaire annuel de 28 000 $ ! Puis un
jour, mon associé m’a dit : « Ça n’a pas de
bon sens. J’ai un bac en marketing, toi, tu
es diplômé en comptabilité et en commerce
et pourtant on gagne des peanuts. Il faut absolument
apporter des changements à notre
entreprise… » J’étais d’accord. Internet
est arrivé et nous avons tout investi dans le
Web en fondant eFundraising.com après
avoir vendu notre business traditionnel. Six
mois plus tard, notre site Web occupait le
premier rang mondial en matière de souscription
de fonds au profit d’institutions
scolaires. En mars 2000, nous avons vendu
la compagnie 27 millions de dollars ! »
succès
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